Le jeu vidéo : 40 ans d'héritage et d'innovations

Le jeu vidéo : 40 ans d'héritage et d'innovations

Le jeu vidéo : 40 ans d'héritage et d'innovations

Cela fait environ 40 ans que le jeu vidéo est entré dans nos vies. Pour parler franchement, on pourrait même dire 47 ans, avec la sortie de Pong en 1972, considéré comme l’un des premiers jeux vidéo à rencontrer une forte popularité. Depuis, le média vidéoludique a connu, à travers plusieurs générations, une importante évolution et amélioration. En terme de diversité, de gameplay, de graphisme, d’optimisation etc.

Une évolution à long terme ?

Pour en arriver là où on est aujourd’hui, il a donc fallu une quarantaine d’années. On le sait, la technologie évolue de plus en plus vite et permet d’améliorer sans cesse cette vitesse d’évolution. Il n’y qu’à voir le marché du téléphone portable pour s’en rendre compte. Une marque de téléphonie mobile sort aujourd’hui la nouvelle version d’une de ses gammes environ tous les 4 mois et la plupart des marques proposent plus de 3 ou 4 gammes différentes.

Le jeu vidéo n’échappe pas à cette règle et quand on y pense, 40 ans c’est peu. Mais durant ces dizaines d’années, il a su prendre son temps, d’un point de vue extérieur en tout cas. Peut-on alors parler d’évolution à long terme ? Oui, si on se concentre sur les grandes étapes d’innovation, non, si on prend le tout dans son ensemble. Concernant ces fameuses étapes, on peut en dénombrer 3 principales. On va notamment s’attarder sur l’aspect graphique des jeux, car c’est lui qui permet en premier lieu de distinguer ces fameuses étapes.

De plus, on va parler de “génération” (de console) afin de mieux voir où l’on se situe dans le temps. On mettra de côté les deux premières générations, qui comprennent des consoles comme les Color TV-Game ou l’Atari 2600, pour rentrer directement dans la troisième génération, celle qui a véritablement démocratisé le jeu vidéo tel qu’on le connaît aujourd'hui. 

3e et 4e génération : la 2D comme seul moyen d’expression

Quand on parle de jeux rétros et de consoles rétros, nous viennent en tête les univers créés par la magie du pixel, ces carrés de couleurs diverses permettant de donner vie à notre imagination. Afin d’imager le propos, on se situe ici dans la troisième et la quatrième génération qui comprend par exemple la NES (1983) pour l’une et la Super NES (1990) ou la Mega Drive (1988) pour l’autre. La technologie mise à disposition des développeurs ne leur permet pas de faire absolument tout ce qu’ils veulent, aussi bien techniquement que graphiquement. Ainsi, il est par exemple uniquement possible de voir à quoi ressemble véritablement notre personnage au travers d’artworks ou de représentations dessinées.

À l’époque, les développeurs faisaient avec ce qu’ils avaient et les joueurs aussi d’ailleurs. Bien que certains jeux aient été des pépites vidéoludiques, les reprendre aujourd'hui tel quel peut parfois s’avérer difficile. Un peu comme quand on garde un super souvenir d’un film que l’on a vu étant petit et qu’en le revoyant bien plus tard on se rend compte, finalement, que c’est vraiment pas terrible, au niveau des effets spéciaux, du scénario ou du jeu d’acteur. Mine de rien, ce “style graphique” n’a jamais été délaissé et continue de vivre aujourd’hui au travers de nouvelles créations.

Le jeu vidéo à travers les générations : 40 ans d'héritage et d'innovations
Octopath Traveler est une lettre d’amour aux RPG de l’époque

5e et 6 e génération : le boom de la trois dimension !


The Legend of Zelda : Ocarina of Time a donné un nouveau souffle à la série

Super Mario 64, Ocarina of Time, GoldenEye 007, Tomb Raider, Tekken, Crash Bandicoot… Tous ces jeux ont le même point commun, il sont en 3D. Cela peut paraître anodin, mais l’arrivée des consoles de cinquième génération sur le marché a quelque peu bouleversé la manière de concevoir un jeu vidéo, que cela soit au niveau de l’univers que du gameplay ou des graphismes. En tête de liste on retrouve la PlayStation (1994) et la Nintendo 64 (1996).

Malheureusement je n’ai pas connu cette époque, mais qu’est-ce que j’aurais aimé poser les mains sur une des pépites citées plus haut, au moment de sa sortie ! Jubiler devant ce qui s'apparentait à une claque d'innovation. Bien sûr tous les jeux de cette période n’étaient pas nécessairement en 3D, mais le passage d’un cap se ressentait tout de même. Cependant, cette cinquième génération pourtant si acclamée à l’époque, ne connaît pas aujourd’hui le même succès que ses deux grandes soeurs.


Tekken, premier du nom

Autant il n’est pas si difficile de (re)jouer au premier Mario Bros, c’est à l’ancienne, c’est “rétro” mais ça a son charme. Autant c’est plus compliqué de (re)lancer une partie de Tekken, de Final Fantasy VII ou de Golden Eye 007. Le problème de cette arrivée de la 3D et de la possibilité de créer des choses plus réalistes qu’auparavant, c’est que ça paraissait fou à l’époque mais qu’avec un regard présent, eh bien c’est pas très beau et très loin de la réalité. En terme de popularité, il n’y a qu’à voir le succès d’une NES Mini ou d’une Super NES Mini face à une Playstation Mini.

Des progrès notables

À la suite de cette cinquième génération, la sixième a apporté son lot d’innovation. Les trois principales consoles de cette époque sont la GameCube de Nintendo (2001), la PlayStation 2 de Sony (2000) et la Xbox de Microsoft (2001), nouveau venu sur le marché. Les développeurs savent désormais manier les polygones à leur guise et les jeux en 3D deviennent plus que monnaie courante. En jeu, on distingue une nette amélioration, plus de détails, plus de grandeur, plus d’animation... et certaines cinématiques sont si sublimes qu’on en regrette parfois le retour en jeu et le downgrade nécessaire.

Le jeu vidéo à travers les générations : 40 ans d'héritage et d'innovations
Kingdom Heart et son univers chatoyant

Par ailleurs, fait amusant concernant cette différence graphique entre les phases cinématiques et les phases de gameplay, dont étaient notamment “victimes” la cinquième et la sixième génération. Toutes les cinématiques d’annonces puis ingame du premier Metal Gear Solid sur PlayStation sont réalisées avec le moteur du jeu, c’est-à-dire les graphismes “en jeu”. La volonté d’Hideo Kojima était justement d’éviter cette différence visuelle, afin de garder une uniformité certaine

Outre l'amélioration graphique bien distinguable à chaque génération, la sixième apporte également les débuts du jeu en ligne, encore très limité et peu accessible pour la plupart des foyers. Ce qui a bien changé depuis… 


Petit interlude avant de parler des deux prochaines générations. Beaucoup de choses n’ont toujours pas été évoquées, comme les consoles portables, l’aspect sonore des jeux ou l’évolution des pads de jeux. Pour ces derniers nous en parlerons un peu, plus bas, mais l’objectif ici est de tracer les grandes lignes sans trop rentrer dans les détails. L’occasion d’analyser tout cela point par point se fera sûrement par l’intermédiaire d’autres articles plus détaillés. 


7e et 8e génération : toujours plus de réalisme et d’innovation

La septième génération de console a encore une fois marqué une nouvelle étape. Pour le coup, en plus de la partie visuelle, la manière de jouer s’est aussi retrouvée bouleversée. Pour ce qui est du visuel, c’est la PlayStation 3 (2006) et la Xbox 360 (2005) qui ont porté l’innovation. À cette époque, la motion capture commence à se populariser et à grandement s’améliorer et s'immisce peu à peu dans le jeu vidéo avec ses nouvelles technologies. On retrouve donc des personnages de plus en plus proches de la réalité, des univers encore plus détaillés qu’auparavant et des effets visuels plus fournis. Déjà à ce moment là, c’est difficile d’imaginer quelque chose de plus joli.

Le jeu vidéo à travers les générations : 40 ans d'héritage et d'innovations
Gears of War 2

Concernant la manière de jouer, c’est Nintendo qui s’y colle avec la Wii (2006). Le studio japonais se met en retrait de ses concurrents sur le plan de la performance technique pour se pencher sur une autre forme d’innovation : le motion gaming. Avec sa Wiimote et son Nunchuk, la console avait de quoi surprendre à sa sortie, allant à l’encontre des habitudes du marché. Néanmoins le motion gaming avait déjà pointé le bout de son nez en 1989 avec le Power Glove, une sorte de manette gant réagissant au mouvement du bras et du poignet, destiné à la NES. Ce fût un échec…


Le Power Glove reste très classe, avec un look bien rétro

La Wii s’adresse à un public plus que varié et connaît un énorme succès. Si bien que Sony et Microsoft sortiront respectivement le PlayStation Move et Kinect en 2010. 

Nintendo s’est toujours démarqué de la concurrence en proposant des consoles atypiques, mais depuis la Wii, le studio joue vraiment dans une autre cour et dévoile, depuis, des concepts toujours plus novateurs. Malgré son public restreint, la Wii U (2012) a tenté d’amener une autre forme d’interaction entre le joueur et le jeu. Quoiqu’on en dise, avec cette console, Nintendo a reculé pour mieux sauter, et quel saut !

Vers la perfection

Nous arrivons de ce fait à la dernière génération en date, la huitième, qui comprend notamment la PlayStation 4 (2013), la Xbox One (2013), la Wii U donc, et la Nintendo Switch (2017). Cette génération comporte toujours plus d’innovation, évidemment, mais le passage d’un cap visuel se fait moins ressentir. Les améliorations se jouent essentiellement sur des détails : les effets d’eau, de lumière, de fumé, etc. La technologie permet déjà de produire des choses éblouissantes et ce sont vraiment de petits ajustements qui se font ici et là. On parlait de la popularisation de la motion capture un peu plus haut, eh bien c’est la performance capture qui est cette fois de plus en plus utilisée.

Le jeu vidéo à travers les générations : 40 ans d'héritage et d'innovations
Willem Dafoe et Ellen Page en plein tournage pour le jeu Beyond Two Souls.  Source IGN

Petit rappel : 

La motion capture est un procédé qui permet qui permet de capter les mouvements d’un élément réel afin de les retranscrire virtuellement.
La performance capture est une sorte de complément à la motion capture qui permet de retranscrire le mieux possible les mouvements et expressions du visage, via une multitude de capteurs placés sur le visage et/ou via des mini-caméras dirigées vers ce dernier.

Les visages des personnages disposent donc d’une plus grande palette d’émotions, sont criants de vérité et de détails. On atteint presque la perfection. Les dernières grosses productions sont clairement comparables à du cinéma pour ce qui est du jeu d’acteur et de leur performance. D’ailleurs, beaucoup de comédiens et comédiennes de cinéma ou de séries donnent aujourd’hui de leur talent au jeu vidéo, ils sont même souvent modélisés à l’identique.


Norman Reedus incarne Sam Porter Bridges dans Death Stranding

Qu’un jeu se veuille réaliste ou pas, la technologie actuelle permet de produire de sublimes choses bourrées de détails. On évoquait la rapidité de l’évolution technologique en début d’article, eh bien cette génération en a payé les frais avec la sortie de consoles en milieu de cycle avec la PlayStation 4 Pro (2016) d’un côté et la Xbox One X (2017) de l’autre. Elles apportent quelques améliorations, sur le plan visuel cela se joue encore une fois à des broutilles, sur le plan technique elle font tourner les jeux plus aisément. Eh oui, c’est bien beau de nous en mettre plein les yeux, mais c’est très gourmand en ressources, tout se joue sur l’optimisation. Et c’est vers ce point qu’a l’air de se profiler la prochaine génération.

C’est quoi la suite ?

Faire des beaux jeux : check !
Les faire tourner convenablement : en cours d’optimisation…

Vous aurez remarqué que le PC n’a toujours pas été évoqué. La volonté n’est pas de le délaissé au profit des consoles mais le gap de génération s’est toujours exprimé vis-à-vis des consoles de jeux. Le PC a constamment donné l’impression de suivre cette évolution vidéoludique sans forcément la promouvoir. Les dernières technologies en date peuvent rejoindre un ordinateur à tout moment, ce qui leur permet de faire tourner les jeux le plus joliment et le plus stable qu’il soit. L’argument de la beauté était valable à une époque mais aujourd’hui la différence entre PC et consoles est très minime. Par contre concernant la stabilité et la rapidité d'exécution, il est encore leader, mais pour combien de temps…

À chaque génération on pouvait se dire qu’on ne ferait jamais mieux en espérant se tromper, mais là… “On ne fera jamais mieux”. La possibilité de passer un nouveau cap visuel semble extrêmement faible voire impossible. Là où les améliorations sont par contre nécessaires et attendues, c’est au niveau de la performance technique, de la stabilité, de la rapidité, etc. C’est un souci qui concerne surtout les consoles, qui ne peuvent mettre à jour leur matériel et doivent faire avec les pièces d’origines. Le marché des consoles a l’air d’avoir compris le problème et semble bien vouloir y remédier, quand on se réfère par exemple aux tests de Sony sur les temps de chargements de la future génération.

Vidéo officielle de Sony comparant les performances de la PS4 Pro et de la PlayStation next-Gen, relayée par Takashi Mochizuki du Wall Street Journal :

Sony's official video comparing performance of PS4 Pro vs next-gen PlayStation pic.twitter.com/2eUROxKFLq

— Takashi Mochizuki (@mochi_wsj) May 21, 2019

Un avenir prometteur

Quand on voit l’évolution qui s’est faite en 40 ans, difficile de prédire ce qui va suivre dans les prochaines années. On s’est ici essentiellement concentré sur l’évolution graphique et un peu technique. La réalité virtuelle aurait aisément pu trouver sa place parmi ces lignes tant elle a contribué à bouleverser notre manière de jouer, mais elle mérite un article historique lui étant entièrement dédié. De même pour le jeu en streaming et le cloud gaming, encore nouveaux et se devant de faire leurs preuves, ils risquent de faire bientôt entièrement partie du paysage vidéoludique. 

Comment ne pas être enthousiaste face à cet avenir si prometteur pour le monde du jeu vidéo. D’ici quelques mois, la neuvième génération devrait commencer à clairement se dévoiler. À voir donc ce qu’elle nous réserve. 


Et vous, quel regard portez-vous sur cette évolution et comment voyez-vous la suite ? 

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Ylonith
Ylonith

Voyageur de mondes virtuels, passé par Midgar, Skellige et les terres d’Azeroth. Admirateur de jeux enchanteurs, et explorateur du multivers vidéoludique.