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La Ligue Féminine : une ligue aux saveurs d’eSport et d’émancipation

Dès le 24 février prochain, des équipes féminines de League of Legends s’affronteront lors de la première ligue exclusivement réservée aux joueuses. Pourquoi ce projet ? D’où vient-il ? Et surtout est-ce une réelle bonne idée ? C’est ce que nous allons voir ici.

 

Depuis quelques années, mais d’autant plus depuis quelques mois, la question de la place des femmes dans l’eSport fait débat. Cette question est en effet sujette à controverse. Fort heureusement, de plus en plus d’acteurs issus du milieu du gaming mais également et surtout de l’eSport souhaitent valoriser et mettre en avant les femmes afin de tendre vers un forme d’équilibre. La Ligue Féminine (LLF) en fait partie. LLF est une ligue composée exclusivement de joueuses, comme son nom le laisse à penser, lors de laquelle plus de 16 équipes s’affronteront sur le jeu vidéo League of Legends. L’événement se déroulera sur une période de deux mois. L’un des aspects les plus intéressants du projet est qu’il est d’origine communautaire, ce qui lui donne un poids non-négligeable. Mais ce projet, bien que porteur d’un grand nombre de valeurs essentielles et montrant une réelle volonté de faire bouger les choses, est-il réellement une bonne idée dans sa mise en pratique et si oui, sous quelles conditions ?

 

Pourquoi La Ligue Féminine marque-t-elle une réelle volonté d’offrir une réelle place aux femmes dans l’eSport ?

L’initiative de l’organisatrice Sonia “NiwaaSan” Melia est en effet révélatrice d’une réelle volonté d’offrir une place aux femmes dans l’eSport et de leur en faciliter l’accès. Avec l’aide d’un grand nombre d’acteurs et d’actrices du milieu et surtout d’influenceurs/euses issu(e)s de la communauté League of Legends, Niwaa a mis en place la toute première ligue féminine française sur League of Legends. Outre le point de vue organisationnel qui demande un investissement plus que conséquent, le simple fait de voir émerger un tel projet est révélateur d’une volonté des femmes de montrer leur présence ainsi que leur motivation et de prouver à tous les acteurs de ce milieu majoritairement masculin, qu’elles méritent leur place tout autant que quiconque. De plus, LLF est sponsorisée par les organisations Shadow, KLIM et Olestia, ce qui montre également un réel intérêt marketing pour la compétition ainsi que pour l’initiative. Cet aspect fait généralement défaut, il est donc nécessaire de le souligner. Ce tournoi a pour but de mettre en valeur la femme dans l’univers de l’eSport en lui offrant une réelle place sur la scène eSportive à moyen et long terme. Et la motivation dont fait preuve la communauté féminine nous conforte dans l’idée que nous sommes bien loin des stéréotypes et caricatures classiques des “e-girls” ou des “attention whore” qui sont des concepts n’ayant définitivement pas leur place au sein de La Ligue Féminine.

 

Offrir une place aux femmes, d’accord. Mais où est passée la mixité ?

Vous l’attendiez, la fameuse question de la mixité. En effet, chez Game’Her, elle est notre pierre angulaire et nous ne pouvions pas aborder le sujet d’une ligue féminine sans aborder cette question car bien que la communauté féminine se soit réjouie d’un tel événement qui leur est consacré, plusieurs personnes ont montré une certaine réticence à l’idée de ce choix. Effectivement, les débats s’orientent plutôt sur la mixité des grands rendez-vous eSportifs.

 

« Pourtant, le projet de La Ligue Féminine fait un pas en arrière selon certains. »

 

 

Chez Game’Her, notre opinion est claire et ferme à propos des tournois et des ligues exclusivement féminin(e)s. De notre point de vue, les compétitions féminines doivent être une étape de court terme et de moyen terme et surtout une étape transitoire car cela permet malgré tout aux femmes de se lancer dans le milieu de l’eSport et de montrer leur implication en leur apportant plus de visibilité car les femmes sont, malheureusement, encore trop peu représentées à haut niveau. Nous insistons sur le fait qu’il ne faut absolument pas que cela devienne un système qui dure dans le temps car nous estimons que les compétitions féminines mènent à un clivage compétitif hommes / femmes.

Nous sommes également d’accord pour dire que les ligues féminines sont une réelle opportunité pour dévoiler des talents et démontrer une évolution et la motivation des acteurs et actrices du milieu. Suivre 16 équipes de femmes pendant toute une saison va beaucoup plus susciter l’attention, en tout cas bien plus que de les voir jouer un match de temps en temps.

Soyons clairs, quand nous parlons d’étape sur le court et le moyen terme, cela ne veut pas dire que LLF doit se contenter d’une édition ou s’effondrer le plus rapidement possible, car un événement de cette sorte, s’il dure, pourra au fil du temps et des années propulser un nombre important de femmes sur la scène eSportive française et même internationale. La Ligue Féminine doit s’agrandir, se pérenniser au fil du temps et durer le plus longtemps possible. Car tant qu’elle survivra c’est qu’elle sera nécessaire et si les femmes obtiennent la place qui leur est due, LLF deviendra caduque d’elle-même. La Ligue Féminine est donc une excellente idée et une très bonne initiative, comme un passage “obligatoire” pour faire avancer la globalité des choses et les mentalités.

Et n’oublions pas que si les joueuses sont exclusivement des femmes, l’organisation, la publicité ainsi que la technique sont orchestrées par des équipes d’hommes et de femmes. Etant un projet communautaire, c’est un travail d’équipe qui demande une collaboration entre hommes et femmes dans les coulisses de l’événement. Il reste donc malgré tout un événement qui s’avère être un exemple de mixité si on le regarde sous le bon angle.

 

Un tweet qui soulève plusieurs questions

Le 8 février dernier, peu après 14h, était publié sur le compte Twitter de La Ligue Féminine ce tweet qui a soulevé un grand nombre de questions :

 

 

• Pourquoi créer une ligue féminine ?

« Cette ligue est une organisation ayant pour but de faire découvrir aux femmes les tenants et aboutissants d’une compétition professionnelle, sérieuse et suivie de A à Z. Élément qui manque effectivement sur la scène professionnelle eSportive. »

 

• L’absence de mixité est-elle un souci ?

Les actrices se défendent en indiquant que « cet événement est avant tout un espace clos, pour les joueuses qui manquent de confiance en soi. C’est une compétition plutôt destinée à évaluer les forces féminines en présence, en plus de leur apporter une certaine expérience ». Les organisateurs comptent évidemment éviter d’installer un clivage hommes/femmes à long terme.

 

 

• Y a-t-il une réelle continuité après LLF ?

La réponse est oui. Comme nous l’avons déjà souligné auparavant, LLF est donc un « safe space » et un tremplin pour les femmes qui souhaitent goûter aux saveurs de la compétition eSportive de façon la plus professionnelle possible et encadrée. On sait déjà que certaines équipes se sont constituées spécialement pour l’événement et on ose espérer que, même si certaines participent uniquement par plaisir, certaines d’entre elles y verront une réelle opportunité de se lancer dans l’aventure eSportive.
On peut également supposer qu’un classement favorable, associé au cashprize, peut permettre à l’équipe gagnante, mais également aux équipes sortant du lot, de se faire remarquer et d’envisager des inscriptions à de futures lans en France.

 

• L’importance d’un tournoi communautaire ?

Nous en avons parlé au début de cet article, LLF est un événement communautaire et c’est sans doute une de ses plus grandes forces. En effet, se contenter de s’inscrire en tant qu’équipe féminine à un tournoi ou bien à une ligue marque certes une envie de toucher du doigt l’eSport et tout l’environnement auquel il est au centre. Mais le fait de voir la communauté féminine se mobiliser afin de créer un événement de cette ampleur, en un temps qui reste réduit, et en gardant à l’esprit que tout cela est fait de façon bénévole par des personnes non-professionnelles. Cela montre l’implication des femmes et leur envie de montrer le sérieux et la motivation dont elles peuvent faire preuve. L’aspect communautaire prend donc tout son sens dans une optique de valorisation de la femme.

 

Chez Game’Her, nous attendons cet événement avec impatience. En participant à La Ligue Féminine, mais également en constatant la concrétisation d’une véritable action de valorisation de la femme. Peut-être verrons-nous naître de futures grandes équipes et découvrirons-nous de futures grandes joueuses. Il est quoi qu’il en soit toujours appréciable de voir de tels projets prendre forme.

 

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